Mayas

Au début de l’année 2019, de nouvelles découvertes archéologiques mayas ont été faites dans la région de Balamku, au Mexique. Je n’ai donc pu résister à la tentation d’en savoir plus sur ce peuple, qui rend l’Histoire complètement d’actualité et vivante, on va le voir. 

Tout en me rendant compte de mon ignorance totale concernant les peuples mésoaméricains, mes recherches ont été longues et m’ont menée bien loin, parfois au risque de me perdre tellement le peuple maya est complexe, dense, et s’inscrit dans la durée. En quoi se différencient les Mayas et leur art des Aztèques ? Des Olmèques ? Des Toltèques ? Des Incas ? Que de peuples et civilisations différents ! Je vous livre un condensé de ce que j’ai appris ces derniers mois, avec comme point de départ ce magnifique bol en céramique gravée. 

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Bol en céramique. Metropolitan museum.

Céramique gravée

Son motif, très contrasté, m’interpelle. Il s’agit de gravure ! De la gravure sur céramique, un art dans lequel les mayas excellent. Ici, le fond blanc est creusé, et les sillons blancs sont gravés.
Que représente ce motif ? A priori, on ne peut s’empêcher de penser à deux serpents, à têtes humaines. Il nous faut plonger dans la culture maya pour comprendre et analyser cet objet. Pourquoi serait-ce des serpents ? Y a-t-il une croyance populaire, ou une peur religieuse ?

Qui sont les mayas ?

Faisons un tour d’horizon. La civilisation maya existe depuis 2000 ans av. J.-C. et perdure encore aujourd’hui. Elle se situe au Guatemala, au Belize, et au sud du Mexique actuels. 

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Carte du territoire maya

Elle a eu une forte influence sur les autres civilisations mésoaméricaines : en effet, la civilisation maya se démarque par sa longévité, tout en étant parmi les toutes premières civilisations connues de l’Amérique centrale. 

L’apogée de son architecture et de son art est délimitée par trois grandes périodes : le préclassique, de 2000 av. J.-C. à 250 ap. J.-C, le Classique, de 250 à 900 ap. J.-C., et le postclassique, de 900 ap. J.-C. à nos jours. 

Chronologie des peuples mésoaméricains
Chronologie des peuples mésoaméricains

Leur politique n’a jamais été tournée vers une patrie ou un pays, même s’il s’est agit d’une civilisation très étendue géographiquement. Elle s’organisait en cités,  gérées par des rois au pouvoirs divins qui commerçaient et échangeaient, ou se faisaient la guerre. C’étaient de grands cultivateurs de courges, d’haricots et de maïs, qui ne se servaient pas d’animaux de trait mais plutôt de prisonniers de guerre devenus esclaves. 

Bien sûr, on ne peut, en parlant de la civilisation maya, rendre hommage à son étonnante connaissance de la course du soleil, des éclipses et des phénomènes solaires. Le calendrier maya est spectaculaire, et les prévisions des oracles tombent souvent juste. Pour les mayas, le monde aurait s’éteindre en 2012.
De même, il faut savoir que les sacrifices humains étaient faits par le roi lui-même, qui s’auto-sacrifiait pour obtenir la clémence des dieux et assurer de bonnes récoltes à son peuple.

Calendrier haab maya, avec 18 préiodes de 20 jours, soit 360 jours, auquels sont ajoutés tous les ans 5 jours, réputés dangereux. L’année compte donc, comme chez nous, 365 jours. Crédit photo : Theilr – wikimedia

Pourquoi cette civilisation n’est-elle pas devenue un pays moderne ? Peut-être car entre 400 et 660 ap. J.-C., on sait qu’une grande sécheresse a fait rage, diminuant certainement le peu d’eau que les mayas trouvaient dans les grottes – agaves – ou les rivières souterraines – cetones. Certains pensent que cette sécheresse serait à l’origine de la disparition des grandes cités comme Chichen Itza, Calakmul, Uxmal ou Tikal, pour voir leurs habitants se réunir plutôt en forêt, dans de petits villages. Eux n’ont pas disparu aujourd’hui ! Le langage et les croyances mayas sont toujours partagées par son peuple, dans la même région. 

Essence des croyances mayas

Pour comprendre les croyances mayas, nous pouvons nous appuyer sur un livre de mythologie maya qui a été écrit lors des conquêtes conquistadores : le Popol Vuh. Il nous enseigne deux choses essentielles : les dieux sont nombreux, peuvent prendre forme humaine, et ont créé les hommes à partir de pâte de maïs. Ces derniers vivent sur la Terre, visualisée comme une tortue nageant à la surface de l’océan originel. 

La création du monde découle de trois éléments essentiels au quotidien. En effet, trois pierres posées par trois dieux en sont à l’origine. 

  • La première, la “pierre-paguet-jaguar”, représente le pouvoir central. Le jaguar est en effet le symbole du pouvoir royal. 
  • La deuxième pierre est la “pierre-paguet-serpent”, associée à la terre. 
  • Enfin, la troisième pierre est la “pierre-paguet-eau”, posée par Itzamnaaj, la plus haute divinité maya. 
Dieu Itzamnaaj, céramique peinte de « style codex ». Image extraite du livre de Francis Robicsek, The Maya book of the dead. University of Virginia Art Museum (1981). Credit photo : wikimedia commons.

L’organisation d’une maison maya fait résonner cette trinité, jusque dans sa vaisselle. Par exemple, les trois trépieds souvent observés sous les bols la représente : jaguar, serpent, eau, ou le pouvoir, la terre, et l’eau. Le serpent est ainsi associé à la vie, son pendant négatif est incarné par le mille-pattes, dit “mille-pattes os blanc”. 

Bol à couvercle et à trépied maya, représentant un oiseau, 3e – 4e ap J.-C. Argile incisée. Guatemala. Metropolitan museum

Il est intéressant de noter que le pouvoir est prioritaire sur les besoins vitaux (terre et eau). On peut alors imaginer l’influence du roi maya sur son peuple, et certainement aussi son hégémonie sur les autres peuples mésoaméricains. 

Représentant le statut et la qualité d’un individu, le pouvoir du roi est visible par sa coiffure. Dans toute l’Amérique centrale, la coiffure est à lire comme un livre : elle démarque, par son statut et son honneur, la personne qui la porte. C’est pourquoi dans l’iconographie maya, elle sont si volumineuses. Elles le sont aussi dans la réalité, à la manière des coiffures du XVIIIe siècle en Europe, avec Marie-Antoinette par exemple. Si le noble représenté sur la céramique ci-dessous a une coiffure imposante, celle du dieu Itzamnaaj ci-dessus l’est encore plus. La plus imposante coiffure d’un roi maya a été… tiens tiens… un monstrueux serpent recouvert d’une carapace. 

 

bol en céramique orange gravée représentant un noble assis, 7.8e siècle ap. J.-C. Mexique. Metropolitan museum.

Que représente le serpent pour les mayas ?

Sur ce bol en céramique gravée, ce sont bien deux serpents qui sont représentés, mais pas tout à fait des serpents du quotidien de la cuisine. En effet, en comparant ces serpents avec l’iconographie maya, nous pouvons en déduire que ce sont deux serpents à plumes. Ce sont d’ailleurs ces plumes qui donnent le mouvement et la vie de ce motif. 

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Bol en céramique gravée, 9e sièle ap. J.-C. environ. Metropolitan museum.

Le serpent à plumes est le dieu de la résurrection et de la réincarnation. Dieu des 4 éléments : air, feu, eau, terre, Gucumatz (au Guatemala) ou Kukulkan (dans la région du Yukatan) est donc si important qu’il deviendra chez les Aztèques Quetzalcoatl. Il vient de l’océan et y retournera peut-être un jour. 

Il est très représenté dans la vaisselle religieuse, afin de s’attirer les faveurs des divinités. Ses mâchoires forment la porte de l’Inframonde, le monde souterrain des morts.
Ce bol aurait-il donc servi à un ou plusieurs rituels religieux ? Il y a de fortes chances, au vu de son état de conservation et de son motif. De nombreuses pièces archéologiques ont été retrouvées derrière les épais murs de pierre des pyramides mayas, tombeaux royaux ou temples. Ainsi, les pièces qui nous sont parvenues représentent les divinités, les grands dirigeants, quelques héros, et, plus occasionnellement, la vie quotidienne. 

Qui sont les figures humaines ?

Le serpent dans l’iconographie maya n’est pas anthropomorphe. Ici, nous voyons donc deux autres figures, humaines, assises dans les mâchoires des serpents. Ces figures restent encore des énigmes à notre analyse… 

L’artisan maya

Fait exceptionnel dans une société antique et médiévale, l’artisan maya fait partie de la noblesse. Il est donc respecté et reconnu. L’écriture maya étant très complexe, peut-être est-ce pour la proximité de l’artisan avec son alphabet, peut-être pour celle avec les statues royales et divines que celui-ci se démarque ? 

Il semblerait que les métiers de graveurs et de sculpteurs soient confondus. En effet, un hiéroglyphe, systématiquement mis au début d’un texte court sur les totems et sculptures, fait mention du graveur – sculpteur : il représente une chauve-souris, et signifie « gravure de », ou « peinture de » s’il s’agit d’une céramique peinte. Ainsi, plus exceptionnel encore, l’artisan signait son oeuvre ! Les mayas étaient très en avance sur leur temps, si l’on met cela en perspective avec l’apparition de la signature d’un artisan européen au XIIIe siècle de notre ère. 

Hiéroglyphes sur pierre. Musée de Palenque. Credit photo : wikimedia commons.
Vue globale reconstituée d’un vase cylindrique au « style codex », 7e – 8e siècle. Guatemala ou Mexique. Metropolitan museum

La chauve-souris est ainsi représentée de profil – trois-quart, avec son nez retroussé, un oeil tout petit, une oreille, et ses deux ailes. Vous la voyez, ci-dessus ? Parmi les hiéroglyphes sculptés, elle se trouve en deuxième position sur la deuxième ligne. Sur le vase du metropolitan museum, il s’agit du 4e hiéroglyphe que l’on voit en entier en partant de la gauche. Son oeil ici est très noir. Sur la représentation du dieu Itzamnaaj, on la retrouve en troisième position en partant du haut. 

Un nombre record de ces signatures a été retrouvé à Yaxchilan et Piedras Negras, où un style particulier s’est développé lors du Classique récent, au réalisme singulier de ses scènes. Un même monument peut rassembler jusqu’à 9 signatures, ce qui indique un travail d’équipe. Même si, parfois, ces signatures signalent un chef d’atelier ou un commanditaire, beaucoup de questions demeurent concernant la formation des artisans, l’organisation des ateliers et l’organisation du travail en lui-même lors d’un chantier. 

Petite note à propos de ce vase peint en « style codex » – c’est-à-dire alliant une peinture calligraphique et un manuscrit court-, lui aussi très intéressant pour notre recherche :
Il s’agit d’une représentation du dieu de la pluie, à droite du bâtiment qu’il est en train de briser. Cela permet au dieu du maïs, en dessous du bâtiment, de naître. Il est représenté deux fois : assis et debout, en train de se lever.
Les séries verticales de trois petits ronds illustrent la pluie, faisant référence à la saison des pluies.
A gauche du bâtiment central, un serpent sort, ouvre grand sa mâchoire – à presque 180° -, expulsant un personnage : le vieux dieu du tonnerre.

Ainsi, on perçoit un peu mieux comment est représenté un serpent par les mayas : avec des variantes, comme la chauve-souris ; ce qui montre l’étendue de la complexité de la culture maya. Il garde tout de même ses traits caractéristiques, à savoir son corps ondulant strié – marquant ses écailles – et ses mâchoires immenses et béantes, parfois même jusqu’à être retroussées pour pouvoir entrer dans la composition de l’artisan qui le peint, grave, ou sculpte ; comme donc sur le vase en noir et blanc que nous analysons.

Une civilisation sans métal

Vous le voyez, nous n’avons pas encore parlé de métal, matière pourtant qui m’est chère. C’est parce que le métal n’est pas du tout indispensable, dans la civilisation maya. 

En mésoamérique, au Mexique notamment, la métallurgie est apparue vers 800 ap. J.-C. seulement. La couleur du métal et ses qualités acoustiques lui donnent sa valeur.
Les objets métalliques ainsi que leurs techniques de réalisation ont vraisemblablement été importés d’Amérique du Sud, où l’on travaille le métal depuis bien plus longtemps : aux environs de 200 av. J.-C.
Suite à ces importations dans l’ouest du Mexique, on a pu dénombrer des anneaux en cuivre, des aiguilles et des petites pinces. Le cuivre est utilisé de manière presque exclusive par rapport aux autres métaux, exploité dans des mines de la région. 

Cependant, très peu d’objets mayas métalliques ont été retrouvés. En effet, les mayas leur préfèrent la céramique et l’obsidienne.

De même, la matière favorite de l’artisan sculpteur – graveur est la pierre. Calcaire principalement, sa composition (grès, tuf, basalte…) varie selon la région où elle est sculptée.
En l’absence d’outils en métaux, des outils en bois et en pierre sont utilisés. Dans les carrières, on dégrossit la pierre à l’aide d’une hache et d’un burin en silex, et des forets étaient réalisés à partir d’une pierre dure et polie. Des outils en bois servaient de maillets.
Le bas-relief est majoritairement favori par rapport à la ronde-bosse, non pas par lacune technique, mais par choix esthétique. On trouve ainsi de nombreux “totems” érigés en l’honneur de rois, ou de héros. De même, de nombreuses stèles ornent les pyramides. 

Stèle n°15 en pierre gravée, Yaxchilan. British museum. Credit photo : Isaac Bordas.

Sur cette stèle, on voit la représentation du serpent guerrier. Sortant du bras d’…, aux mâchoires béantes, il régurgite un guerrier, à la coiffure proéminente : ….
Le serpent est prépondérant. Dédoublé, voire triplé en haut et en bas du bras de … en bas, il se retrouve aussi sur sa coiffure.

Pour les aficionados, la chauve-souris se situe dans le coin en haut à gauche, il s’agit du hiéroglyphe de la deuxième ligne, la tête tournée vers la droite.

Qu’est ce que l’obsidienne ? 

L’obsidienne est une roche volcanique vitreuse et riche en silice. Elle peut avoir différentes couleurs : grise, vert foncé, rouge ou noire, avec des reflets dorés ou argentés. 

Sur les Hautes Terres volcaniques des terres mayas, il y a des filons d’obsidienne affleurant, exposés à l’érosion. Il existe ainsi de grands sites où l’on peut ramasser l’obsidienne à même le sol. Un vrai commerce s’est mis en place à partir du Classique moyen, amenant la précieuse roche par pirogue, descendant les rivières puis le long des côtes, afin de subvenir aux besoins de la population en outillage. 

Filon d’obsidienne. Crédit photo : Brian Keast de Pixabay.

L’obsidienne se compose de silice, mais aussi d’autres minéraux, et sa composition dépend du site où elle se trouve. C’est ainsi qu’en analysant les différentes compositions de la roche, les archéologues ont pu observer une concurrence commerciale. Les villes s’approvisionnent auprès de marchands, avec lesquels ils ont probablement donné leur parole, ou signé un contrat d’exclusivité.

Par exemple, on pense que la ville de Teotihuacan a pu avoir l’essor économique qu’on lui connaît, par le contrôle de l’obsidienne provenant de Pachuca. La domination de Teotihuacan sur le territoire maya est en effet marquée par la présence d’obsidienne venue du lointain gisement de Pachuca, et la ville voisine, Kaminaljuyu, est devenue un comptoir commercial pour le gisement proche d’El Chayal. 

Ainsi, la valeur de l’obsidienne n’est pas due à sa rareté, mais à la difficulté de l’acheminer depuis des terres lointaines. Les plus riches avaient le luxe de s’offrir de l’obsidienne, les plus pauvres devaient se contenter de silex, plus friable. 

Applications et ouvrages

L’obsidienne sert à fabriquer nombre d’outils : poignards, couteaux, pointes. Dès qu’un outil est usé, on en fabrique un autre. L’obsidienne permet ainsi un gain de temps et d’efforts par rapport à la métallurgie. 

Elle a aussi été utilisée pour fabriquer des bijoux et des objets de culte : notamment des offrandes. 

Obsidienne. Crédit photo : Carka Burke, de Pixabay.
Obsidienne. Crédit photo : Hans Braxmeier, de Pixabay.

Conclusion

Les Mayas étaient d’excellents graveurs-sculpteurs, en tout cas à l’apogée de leur civilisation. Leurs créations servaient alors le culte à leur roi, devenu divin au fil des siècles, ainsi qu’aux astres, aux dieux et au serpent, pluriel et multiformes. Civilisation sans métal jusqu’à 800 ap. J.-C., leur art est admirable et complexe, dense et varié. Ils affichent sans complexe, avec des motifs parfois plutôt crus, leurs croyances et rituels religieux, plus ou moins orgiaques d’ailleurs.

Aujourd’hui, les mayas semblent plus retirés, étouffés par les nouvelles nations hispaniques. Sont ils heureux ainsi ? Ou bien feront-ils entendre à nouveau parler d’eux Demain ? Tout dépend d’eux, de la résonance que leur voix prend(ra) dans le cœur de ceux et celles qui prennent le temps de les découvrir.

Tout comme leur vaisselle reproduit leurs croyances au sein du quotidien et/ou des rituels, nous pouvons, nous, aujourd’hui, par chacun de nos actes, si infimes soient-ils, affirmer nos croyances, celles que l’on appelle aujourd’hui « convictions », ou « valeurs ». Ainsi, pleinement cohérent.e.s, à la fois dans nos dire et dans nos actes, traversons les siècles !

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Sources

Heike Owusu, Les symboles des Incas, des Mayas & des Aztèques, 2001. Ed Guy Trédaniel éditeur.
Dir. Nikolai Grube, Eva Eggebrecht & Matthias Seidel, Mayas, les dieux sacrés de la forêt tropicale. Ed. H. F. Ullmann, Allemagne.

https://www.metmuseum.org/art/collection/
https://fr.wikipedia.org/
http://www.histogames.com/HTML/chronique/civilisation-precolombienne/pok-a-tok.php
https://aliconamor.ning.com/
https://www.prehistotir.com/
Architecture & Art

Crédits photographiques :

Florence ADAM – FaranDrole
Wikimedia commons
Metropolitan museum
Pixabay : Hans Braxmeier, Carla Burke, Brian Keast

 

L’amulette viking : entre divinités, Humanité, et forces naturelles

 

Deux yeux. Deux oreilles. Un buste et des ornements. Une chaîne aux enroulements de serpent.
Mais qu’est-ce donc ? Un personnage qui nous regarde ? Un socle ? Un totem ? Un gourou ? Un chamane ?

Je vous propose aujourd’hui une plongée dans le monde médiéval viking. En effet, cet objet est un pendentif datant du 10e siècle, découvert autour de 1878, en Suède. Il fait partie du trésor d’Erikstorp (voir carte ci-dessous).

Comment a-t-il été fabriqué ? Que représente-t-il ? Pourquoi ? Découvrons le monde fascinant de la Scandinavie… Continuer la lecture de « L’amulette viking : entre divinités, Humanité, et forces naturelles »

L’art de l’éventail : entre frivolité et fidélité

Ci-dessus : Eventail gravé, vers 1800-1820. Canton, Chine. Ivire,  19 x 34 x 2.6 cm.

Intéressons-nous aujourd’hui à un art d’accessoire, de frivolité… et pourtant un art indispensable : l’art de l’éventail.
Cet objet, accessoire de mode avant tout, est devenu bien plus que cela entre le XVIIe et le XIXe siècle !
A quoi sert-il ? Que reflète-t-il de son commanditaire ? Quels sont ses secrets de fabrication ? Tel un ami fidèle, il nous dit tant,… et dit tant de nous ! 

Petite note : Dans cet article, je parle d’ivoire, de corne, et d’écaille de tortue. Bien sûr, en aucun cas je n’encourage au braconnage ! Nous avons besoin de ces animaux bien vivants. Je vous propose simplement de faire un voyage dans le temps.  Continuer la lecture de « L’art de l’éventail : entre frivolité et fidélité »

La taille-douce, l’art de l’empreinte

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Ci-dessus :  Maître du Livre de Raison, Saint Christophe, détail, vers 1500. 

La taille-douce. Ah, doux mot qui sonne bien à l’oreille, que l’on utilise, parfois à bon escient, parfois un peu trop souvent, dès que l’on parle de gravure. Penchons-nous sur la question. Qu’est-ce donc ? Qu’est-ce que ce terme signifie, englobe ? Bref, mettons nos idées au clair, découvrons comment ce procédé est né et dans quel contexte, avant de rêver devant les productions de quelques maîtres.

Petite note : nous ne passerons pas en revue dans cet article les différentes techniques et leurs procédés, car je tiens à me concentrer sur l’histoire de la gravure ornementale plutôt que l’histoire de la gravure d’impression, qui est déjà très documentée.

Continuer la lecture de « La taille-douce, l’art de l’empreinte »